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Résilience : 6 clés pour la développer et traverser les épreuves

            Suite à l’invitation de Solweig Ely du blog Chemins de vies, dédié à la reconstruction après un traumatisme, qui propose un carnaval d’articles inter-blogueurs sur le thème : « Résilience, l’art d’avancer quand la vie chancelle : mes clés pour traverser l’épreuve », j’ai senti l’appel de contribuer sur cette thématique chère à mon cœur !

            Je suis particulièrement touchée par l’histoire de Solweig et apprécie le travail qu’elle fait à travers son blog. Parmi ses articles, l’un de mes préférés est celui-ci : « Les visions de Gabor Maté et Richard Schwartz sur le traumatisme et la résilience.»

            Pour moi, la résilience n’est ni une super-force naturelle avec laquelle on nait, ni le don d’éviter les épreuves de la vie. La résilience se développe tout au long de la vie, elle s’acquiert, en même temps que l’on développe des compétences pour trouver des sorties aux difficultés que nous traversons. C’est un processus dynamique (pas un trait de personnalité !) qui nous permet de nous adapter face à l’adversité, de continuer à avancer malgré les épreuves. Être résilient ne signifie pas « ne pas souffrir » ! Je le précise car il est possible de projeter que les personnes résilientes, en s’en sortant « mieux », ne galère pas… ce qui serait tellement loin de la réalité.

            Si je devais prendre une image, c’est un peu comme le héros d’un jeu vidéo. Au niveau zéro, il n’a ni beaucoup d’outils, ni beaucoup d’expériences. Au fur et à mesure des passages de niveaux (les épreuves de la vie), le héros acquière les bons outils, les bonnes stratégies et les bonnes compétences de manière à passer plus facilement les épreuves.

            Une des choses qui m’a aidé fondamentalement dans ma vie, c’est de comprendre que beaucoup de choses sont des compétences et que des compétences, ça s’apprend, ça se développe !

            D’enfant extrêmement timide et hypersensible, souffrant de phobie sociale, je suis notamment devenue une formatrice passionnée capable d’animer devant de nombreuses personnes ! Pas dans n’importe quel domaine, celui des compétences psychosociales (ou softskills en entreprise), qu’on pourrait tout simplement nommer « compétences de vie », indispensable à la santé mentale ! J’offre également maintenant des espaces d’accompagnement individuel pour aider les personnes à mieux se connaitre, et se remettre au centre de leur vie !

            Je te partage quelques clés trouvées sur mon chemin, celles qui m’ont le plus marquées. Je t’invite à prendre un carnet, car je vais te poser quelques questions introspectives (en italique viodans l’article) en cours de route, de manière à pouvoir prendre le temps d’écrire tes réponses. Peut-être vas-tu apprendre quelques « petites » choses sur toi !

Nota : si tu es en grave difficulté psychologique ou émotionnelle, il est indispensable de te faire accompagner par un professionnel.

Les 6 clés pour développer ta résilience :
1. Prendre soin de ton hygiène mentale
2. T’entourer de relations soutenantes
3. Clarifier ce qui dépend de toi
4. Comprendre et accueillir tes émotions
5. Développer la conscience de soi
6. Cultiver la douceur envers toi-même

Clé N°1 : arrête de te faire peur ! ou comment l’hygiène mentale est la clé de ton salut

            Vers l’adolescence, j’ai eu la chance de tomber sur un livre qui parlait du pouvoir de nos pensées. Cela a été une véritable (r)évolution intérieure :

  1. je ne suis pas mes pensées,
  2. mes pensées peuvent être changées
  3. une croyance, c’est une pensée que j’ai répétée tellement de fois que je l’ai cru vraie.

A partir de là, chaque trajet à mon lycée était un temps dédié à remettre de la propreté dans mon espace mental : Exit les « je ne vaux rien », « personne ne m’aime » « tu vas finir ta vie toute seule » « je n’y arriverai jamais », etc… J’ai choisi des pensées plus soutenantes et douces, déclarant que je m’ouvrais à d’autres possibles. Et, en changeant mon état d’esprit intérieur, j’ai pu constater les changements qui commençaient à opérer dans ma vie.

Clé n°2 : entoure-toi ! mais pas n’importe comment…

            Quand nous sommes englués dans notre espace « problème », il est parfois difficile de prendre le recul sur ce que nous sommes en train de vivre. Il est important de pouvoir bénéficier d’une présence douce, accueillante, non jugeante. Pas facile de s’offrir cela à soi-même quand on est en ressources basses. Les études montrent que la qualité des relations est un facteur majeur de la résilience.

            Savoir de demander de l’aide, loin d’être un aveu de faiblesse (aurais-tu cette « croyance » ?), est une compétence adaptative. Elle a même été intégrée dans le référentiel de Santé Publique France des compétences psychosociales. Il est important de formuler une demande d’aide précise/spécifique plutôt qu’une plainte diffuse de laquelle on attend que la personne comprenne qu’on lui demande de l’aide.

            Par ailleurs, autre point important : discuter de notre problème en restant dans l’espace « problème » peut faire du bien pour se décharger sur l’instant, mais on peut vite rester dans l’espace problème sans en sortir si on y reste trop longtemps. Il est important de pouvoir s’adresser à des personnes formées à l’écoute empathique, ou à la CNV par exemple, qui peuvent nous permettre de nous sentir vraiment entendu(e) ou reçu(e) dans ce que nous traversons, sans tomber dans un système « victime-sauveur ». Il est fondamental dans ce processus que notre émotion, notre douleur puisse être vraiment reçue sans que soit tout de suite cherché un pansement ou une solution.

            Si personne de notre entourage n’est formée à ce genre d’approche, il existe aujourd’hui de nombreuses approches thérapeutiques qui peuvent nous apporter un réel soutien et nous aider à nous remettre en chemin. Pour ma part, en plus de la CNV, je suis aussi formée en approche centrée solutions qui repose notamment sur la construction de solutions plutôt que la résolution de problème, nuance qui fait une grande différence dans l’approche.

            En fonction de tes affinités, tu peux orienter tes recherches de professionnels vers une approche qui te parle. N’hésite pas à vérifier avec toi-même que l’approche te convient bien après le premier RDV. Personnellement, la première fois que j’ai entamé un travail avec un psychologue, je me sentais plus mal après le rdv qu’avant… et il m’a fallu plusieurs séances pour oser dire au professionnel que je ne voulais plus travailler avec lui ! J’espère que cela peut te décomplexer ! Maintenant que j’accompagne moi-même des personnes, le premier RDV sert toujours à valider l’adéquation entre la problématique du client et mon champ d’expertise !

Clé n°3 : Clarifier ce qui dépend de toi et ce qui n’en dépend pas

            On peut passer beaucoup de temps à pester, maudire, jurer, critiquer, mais cela a pour effet de nous maintenir dans une posture d’impuissance, voire de victime.

C’est en concentrant ton énergie sur la première colonne que tu vas pouvoir commencer à avancer ! En compétences psychosociales, on parle de la compétence « Prendre des décisions constructives ». Ça veut dire quoi ? concrètement, voici trois questions simples face à un choix difficile :
– Quelles sont mes options ?
– Quelles conséquences à court et long terme ?
– Quelle décision respecte le mieux mes valeurs ?

Il est important de se poser ces questions depuis un espace neutre, et non sous le coup d’émotions. La résilience, c’est cette capacité à rester acteur malgré le chaos. Ce qui m’amène à une compétence clé : la gestion de tes émotions !

Clé n°4 : comprendre ses émotions pour ne plus se faire manipuler par elles

            Aujourd’hui, il n’a jamais été aussi facile de se former et développer ses compétences émotionnelles. Il suffit de regarder le nombre de livres, articles et ressources sur le sujet ! Je recommande cette fiche pédagogique publiée par Santé Publique France sur le sujet.

            Ma première invitation est de développer ton vocabulaire émotionnel. Nous avons été très mal habitués en France avec l’habituel « ça va ? ça va ! » qui ne donne strictement aucune indication sur notre réel état intérieur. Plus tu deviens capable de reconnaitre une émotion, moins elle te manipule. Derrière chaque émotion se cache un besoin, c’est quand ce besoin n’est pas nourri que l’émotion, comme un indicateur, s’enclenche pour t’inviter à faire quelque chose pour nourrir le besoin.

Il existe de nombreuses techniques de régulation émotionnelle disponible, pour ma part, la pratique de la méditation de pleine présence a été un outil fondamental depuis ma tendre enfance !

Clé n°5 : développer la conscience de soi (et ce n’est pas le plus facile !)

            Compétence racine du référentiel des compétences psychosociales, la conscience de soi comprend :

  • Comprendre ce que l’on vit,
  • Comprendre comment on fonctionne,
  • Identifier ses forces, ses valeurs, ses limites,
  • Savoir s’auto-évaluer positivement
  • Savoir porter son attention à soi, c’est-à-dire être pleinement présent à soi / son, expérience intérieure

            Quelque chose qui m’a beaucoup aidé est de prendre l’habitude de décrire ce que je suis en train de vivre en commençant par « j’observe que… » Ex : j’observe que j’ai été activée quand il y a eu tel évènement, je me suis sentie comme ci et comme ça, que mon cœur était contracté et que je n’avais plus envie de participer. Prendre le temps de nommer ce qui se passe intérieurement plutôt que réagir immédiatement ! Devenir un observateur conscient de toutes les expériences traversées permet en plus de développer une meilleure conscience de soi, de prendre du recul et de ne plus se faire embarquer automatiquement par un évènement et les émotions provoquées.

Clé n°6 : cultiver la douceur envers soimême

            As-tu remarqué le poids de notre juge intérieur ? Nous sommes souvent plus dur avec nous-même que nous le serions avec les autres.

Quelques pistes pour être plus doux.ce avec moi :

  • Me rappeler que tomber ou vaciller n’est pas échouer. Cela implique parfois de faire le deuil de comment que je pense que les choses devraient être.
  • Cela ne fait pas de moi une mauvaise personne quand je n’arrive pas à faire quelque chose. Cela fait de moi quelqu’un qui essaie. Je laisse tomber les injonctions du type « je dois être forte »…
  • Me retourner pour regarder le chemin parcouru et tout ce qui a déjà été appris et accompli plutôt que de me focaliser sur l’écart entre là où je suis et là où je voudrais être. Pour cela, rien de tel que de prendre son carnet et de noter tout ce que nous avons déjà accompli et dépassé.
  • Me féliciter pour tout ce que j’ai tenté dans ma vie, et tout ce que j’ai déjà accompli.

Personnellement, cette liste me permet de me rappeler d’où je viens quand je vacille à nouveau, me permet de cultiver un état d’esprit de croissance soutenant sur lequel m’appuyer pour les prochaines étapes.

            Et voilà 6 clés qui m’ont beaucoup aidé et qui m’aident encore beaucoup aujourd’hui ! Il y aurait encore beaucoup à partager sur le sujet. Certains thèmes sont abordés lors des ateliers en ligne que je propose régulièrement.

Conclusion : la résilience se développe avec le temps

Tu l’auras compris, la résilience, c’est aussi apprendre à mieux se connaitre, et ça se développe avec le temps, elle se renforce aussi consciemment (cela est possible quand nous ne sommes pas en pleine crise, évidemment), en s’appuyant sur l’entrainement, la répétition et la cohérence autour de soi. Elle participe à une meilleure santé globale, notamment une meilleure santé mentale.

👉 Partage en commentaire quelle est la clé qui te parle le plus et aussi si tu as d’autres clés !

Si tu cherches un accompagnement pour t’aider sur ce chemin, que ce soit à mieux te connaitre, améliorer tes compétences émotionnelles, adopter un état d’esprit plus respectueux de toi, pour t’aider à avancer dans ta vie, tu peux prendre un RDV découverte avec moi !

Si vous avez aimé l'article, faites le voyager :-)

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